"La fantaisie, toute seule, serait lassante et
la géométrie, toute seule, serait rebutante"

«Enfant, j’avais un énorme plaisir à regarder le feu, quand il commence à s’éteindre et qu’au travers de la cendre on voit cette lueur, rougeoyante, qui bouge, c’est prodigieux. Et la cendre, le lendemain matin, qui semble bouger, elle est d’un gris profond, comme du velours, comme de la fourrure, ce gris profond vient de ce qu’il y a de l’air, et cette couleur, les yeux la pénètrent… C’est la pénétration dans la couleur que je suis toujours en train de poursuivre. Une couleur qui n’est qu’en surface, ça ne m’intéresse pas. Il y a donc chez moi, dans les couleurs, une recherche de sensualité qui se rapporte toujours à la cendre, à la terre, à tout ce qui a une profondeur visuelle. Même un ciel uniformément bleu est plein de choses indiscernables, il bouge ».
Frank FAY
cité dans : France Delville, « Au delà du réel,
regard neuf de l’enfance, y compris celle des peuples »,
août 1996
Segalen et Malinowski ont rendu notoire ce que savait déjà le Gauguin de «Noa-Noa» : il n'existe nul pittores que aux "isles". Le Pr W.I. Thompson, maître de la géopolitique à l'université du Colorado, le confirme : "Ie quatrième Système Eco-Culturel de l'Histoire est l'Espace; son fondement humain est le Bassin du Pacifique".
Vivant et peignant depuis 1949 à Papeete ou à Nouméa,
Frank Fay, prenant une distance que son regard n'avait pas à
Paris, a littéralement fait une approche nouvelle de l'art, au
contact du monde mélanésien et polynésien.
C'est une appréhension globale organique d'un espace mental entièrement
différent, non pas nouveau mais à la fois ancien et futur
où nos catégories occidentales ont si peu de prise que
le zen et la cybernétique y sont les seuls recours. Le calme
lagonique contient la menace des typhons : c'est pourquoi les toiles
de Fay sont des paysages intérieurs, des relations du mouvement
équatorial de notre esprit, des gesticulations tropicales de
notre système biologique. Aussi cet art est-il de découverte
de nous-mêmes dans notre vérité nue, portant tantôt
à l'équanimité méditative, tantôt
aux appels de la passion.
Le geste du peintre y est comme notre médiateur suprême
avec le monde inoui qui nous entoure, petite île parmi des milliers
d'autres sur l'immensité liquide du seul océan qui soit
à l'image de l'Espace interplanétaire.
Une peinture qui nous dépasse en nous accomplissant.
Jean CATHELIN
Paris 12 mars 1986
Les expositions
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Les expositions
collectives de Frank Fay
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